samedi 17 novembre 2018 Recevez l’actualité par courriel ou flux RSS

Investissement industriel privé : "insuffisant" Abonnez-vous au flux RSS des articles

04 févr. 2018
14:26
0 commentaire « On va droit dans le mur » si les choses perdurent, selon le ministre du commerce

Le constat fait le ministre de l’industrie est loin d’être satisfaisant, « Il faut être conscient qu'il y a le feu à la maison » dira Benmeradi qui estime que mis à part l’avantage de la balance commerciale énergétique, toutes les autres balances sont déficitaires. 

 

Interrogé par l’APS sur la difficulté de venir à bout des importations en dépit des différentes mesures prises durant ces toutes dernières années, le ministre du commerce se dit tout de même s’attendre à une économie de 1,5 milliards de dollars pour cette année, les facteurs bloquants demeurent toutefois selon son optique en premier, le système de subventions indirectes et involontaires des importations.

L’explication réside dans le taux de change pratiqué actuellement « l'Etat est en train de subventionner les importations dans le sens où les importateurs obtiennent, auprès des banques, des devises contre dinars à un prix qui n'est pas réel, c'est-à-dire ne reflétant pas la réelle parité entre le dinar et la devise ». Ceci, en plus du fait que les produits importés sont très souvent subventionnés dans leur pays d'origine. Donc, il est préférable pour les opérateurs nationaux d'aller les acheter à l'étranger que de les produire localement ».

Mais, il n’y a pas que le gourmandise des importateurs qui est mise en avant, les opérateurs industriels privés sont aussi désignés comme défaillants dans la mesure ou, ils sont incapables de réaliser la diversification et de contribuer, significativement, à la couverture de la demande nationale. Les mots pour désigner l’état de la production locale est : « très faible ».  Le ministre va même émettre quelques regrets quant la disponibilité de ce privé national. « Nous avions pensé, pendant très longtemps, que le secteur privé allait faire dans la diversification, mais le gros de ses investissements a été réalisé dans les services et le bâtiment mais très peu dans l’industrie ».

La mesure de suspension à l’importation de 851 produits devrait permettre à l’Algérie d'économiser un montant en devises de l'ordre de 1,5 milliard de dollars sur une année, a indiqué le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, dans un entretien accordé à l’APS.

Dans cette interview, le ministre du commerce a abordé en détail sa démarche de réduire de la facture des importations avec à la clé, l’économie de 1,5 milliard dollars sur une année grâce à la suspension à l’importation des 851 produits comprenant 400 produits industriels dont l'importation avait coûté 1 milliard de dollars en 2016, et 451 produits agricoles et agroalimentaires. Une démarche qui bien qu’elle ne satisfasse pas les opérateurs dont notamment ceux qui craignent le risque de voir leurs activités menacées par les ruptures de la matière première. Une crainte au demeurant « légitime » dira le ministre mais, « il n'en demeure pas moins qu'ils doivent savoir que le but est de les protéger ». Quant au restant des mécontents, il dira que « ceux qui sont en train de contester cette mesure sont ceux qui activent dans des filières que nous avons totalement protégées puisque nous avons interdit l'importation du produit fini. Donc déjà, nous leur avons offert un marché sur un plateau ».

Dans ses explications il dira aussi que nombreux sont les opérateurs qui ont réalisé des investissements mais sont restés dans l'aval de l'activité et ne remontent pas en amont pour développer les intrants locaux à quelques très rares exceptions  en donnant l’exemple des premières conserveries de tomates, « ces premiers investisseurs ont construit des usines pour la transformation de tomates mais ramenaient le concentré de tomates de Turquie et ne faisaient donc que de la mise en boîte ». Même cas pour la filière boissons dans laquelle ont investi des producteurs qui n’ont que l’eau comme « seul intrant local ». Pour le sucre, le problème est tout aussi souligné par le ministre qui considère qu’outre le raffinage fait localement, le restant des intrants est importé.

Une évaluation précise de l’économie nationale pour bientôt

Afin de mieux cerner les difficultés inhérentes aux soucis d’importations et pour un meilleur ciblage de mesures prises dans ce sens, le ministre a annoncé que son département va lancer bientôt une évaluation de toute l’économie nationale depuis l’année 2000.  « Nous sommes en train de préparer un rapport pour le gouvernement sur la situation du commerce extérieur de 2017 dans lequel nous allons expliquer pourquoi un déficit de plus de 11 milliards de dollars a été enregistré et pourquoi les importations n'ont pas baissé suffisamment. Et puis surtout nous allons faire, pour la première fois, une évaluation de long terme à partir de l'année 2000 et étudier ce qui s'est passé ». « A ce train, « on va droit dans le mur » si les choses perdurent, dira enfin le ministre. 

L. Aizouni

Sur le même sujet
02juin 2014

Youcef Yousfi, Ministre de l’Energie «La situation de nos réserves n’est pas alarmante»

12août 2015

Baisse des prix des produits à l’importation Une opportunité pour réduire une facture déjà trop salée

29sept. 2015

Importation Vers la hausse de la taxe douanière sur les produits finis

Votre commentaire

Inscrivez-vous  ou  connectez-vous  afin de pouvoir laisser un commentaire.