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«On ne s’improvise pas exportateur» Abonnez-vous au flux RSS des articles

22 avril 2016
09:48
0 commentaire M. Alain Boutebel

Au moment où le gouvernement incite les entreprises à exporter, celles-ci rencontrent des difficultés pour franchir le pas vers les marchés internationaux. Selon Alain Boutebel, ConseillerRésident de Jumelage en charge de la mise en œuvre du programme européen pour le renforcement des compétences opérationnelles de l’Agence Nationale de Promotion du Commerce Extérieur (Algex), l’essentiel des obstacles réside dans l’absence de méthodologies et d’outils de veille économique. Toutefois, ce programme a permis aux équipes d’Algex de corriger cette insuffisance pour mieux accompagner les exportateurs aussi bien dans la phase amont qu’aval. 

 

L’Econews : Vous êtes en charge de la mise œuvre de ce programme financé par l’Union Européenne dont bénéficie Algex, quelles sont les constatations que vous avez faites sur la situation des entreprises algériennes vis-à-vis de l’exportation ?

Alain Boutebel : Tout d’abord, les termes de référence de ce programme répondent à des besoins d’amélioration des équipes d’algex en matière de veille économique et d’accompagnement sur des évènements aussi bien nationaux qu’internationaux. D’ou l’idée de renforcer les capacités opérationnelles et structurelles des équipes d’Algex en termes de méthodologies, de recherche d’informations et études de marché.

Deuxièmement, les entreprises algériennes potentiellement exportatrices avaient besoin d’être orientées vers des marchés facilement accessibles pour se forger à l’acte d’exporter avant d’attaquer les marchés les plus exigeants (Union européenne, Amérique du Nord, etc.). On a tendance à oublier certains pays où les produits algériens pourraient trouver plus facilement une place sur les marchés tels que l'Afrique de l’Ouest, le Canada, la Russie, le Moyen-Orient. On oublie aussi que l’Algérie peut exporter des produits autres que les dattes et l'huile d'olive. Il suffit de décrypter les statistiques douanières pour s’en convaincre. Nous pouvons parler de produits industriels, le digital et le numérique. Elargir l’exportation au-delà des seuls produits  agro-alimentaires est le défi qui s’impose à tous les opérateurs privés et publics. Jusque-là certaines entreprises algériennes, surtout des PME et des TPE, n’étaient pas suffisamment armées en information sur les marchés aussi bien en termes de potentiel de marché que de conditions règlementaires. En somme, l'exportation s’apprend et on ne s’improvise pas exportateur.

A titre d'exemple, sur le marché américain des produits alimentaires, il faut connaître la réglementation qui est l’une des plus complexe et exigeante. C’est moins contraignant de vendre sur les marchés d'Afrique de l'Ouest que sur les continents américain et européen.

En quoi consiste exactement le programme d’appui à Algex ?

La genèse de ce projet de programme date  de bien avant 2014. Financé à hauteur de 1, 450 millions d’euros par l’Union Européenne et géré par le P3A, ce contrat de jumelage aura formé plus de 100 personnes, soit les 2/3 de l’effectif d’Algex. Il aura mobilisé 33 experts étrangers (Français, Autrichiens et Belges) qui sont intervenus sur 659 jours depuis mai 2014 à ce jour. La clôture de ce programme est prévue le lundi 25 avril 2016 à 8h30 au siège d’Algex. A cette occasion quelques résultats seront présentés.

Qu’attendez-vous de l’application de ce programme ? 

L’application des acquis de ce programme est quotidienne. L’espoir est de voir l’amélioration des capacités opérationnelles d’Algex contribuer à la diversification des exportations hors hydrocarbures. Ses  équipes sont désormais mieux armées pour accompagner les entreprises algériennes dans la démarche export.

Le marché mondial connaît une grande concurrence. Pensez-vous que les entreprises algériennes parviendront à acquérir des parts vu le retard qu’elles ont accusé ?

Nombreuses sont les entreprises algériennes qui exportent déjà. Le commerce extérieur algérien ne part pas de rien. Par conséquent, les compétences et métiers d’analyse et de conseil d’Algex ne datent pas d’hier non plus. A ma connaissance, environ 150 entreprises algériennes exportent plus ou moins régulièrement dont une cinquantaine le font d’une manière régulière.  Avec le  savoir-faire acquis dans le cadre de ce programme, Algex, peut par exemple indiquer rapidement à une entreprise le marché le plus opportun et porteur pour ses produits, la règlementation sur tel ou tel marché pour tel ou tel produit etc. Pour mieux s’informer sur le processus d’exporter, il suffira d’aller sur le site d’Algex ou de consulter le guide des exportateurs conçu pour mieux orienter les exportateurs.

En fait, le programme de jumelage a amélioré les méthodes de travail, de recherche et d’analyse de l’information statistique pour mieux informer et accompagner les entreprises. 

A part l’information, les entreprises algériennes se plaignent aussi du manque de la logistique. Est-ce que cela n’a pas aussi d’influence sur l’acte d’exportation ?

Je ne peux répondre directement à votre question car cela relève des problèmes structurels du processus d’exportation qui sont probablement évoqués et traités au niveau des instances en charge du commerce extérieur. Mais ce que je peux dire à mon niveau, c’est que les entraves techniques ou les problèmes de financement, voire de circulation des marchandises, si elles ne sont pas résolues, constitueront par évidence un frein à l’amélioration du commerce extérieur hors hydrocarbures. 

Khelifa Litamine

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