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Ouyahia devant l’APN : le moment de vérité Abonnez-vous au flux RSS des articles

31 août 2017
09:45
0 commentaire Il est question de "Mobiliser toutes les énergies"

Hier 30 Août 2017 le dinar a franchi la barre du tolérable. Un Euro valait 131,5920 dinars. La tendance baissière de la monnaie nationale prête à inquiétude car, elle semble s’inscrire dans le temps.  

 

Dans quelques jours, le Premier ministre présentera son plan d’action à l’APN, conformément à l’article 94 de la constitution, un moment très attendu pour en savoir plus sur les mécanismes de financement de l’économie en vue de son redéploiement, diversification, productivité et exportations hors hydrocarbures, les facteurs clés pour redresser par conséquent la valeur du dinar devenue problématique ceci, en sus de la situation des banques en mal de liquidités et donc incapables réellement de subvenir aux besoins des entreprises en matière de crédits bancaires.

Ouyahia reprendra-t-il tout depuis le début? Tout pense à le croire surtout qu’il fait face à l’échec de la bourse, initiée en grandes pompes à la fin des années 90. Dix-huit ans après,  la capitalisation boursière est plus que marginale avec à peine 15 milliards de dinars et des titres tournant en boucle entre 300 et 600 dinars.

La problématique du financement s’épaissie au regard du manque de liquidités enregistré suite à la baisse des recettes d’exportations et par conséquent des recettes fiscales pétrolières depuis 2015. La dernière mesure de la Banque d’Algérie de réduire le plafond de la réserve obligatoire de 50% renseigne sur l’incapacité des banques de s’acquitter de cette obligation. Ouyahia n’ira pas chercher ce financement à l’étranger. Fervent opposant de l’alternative de l’endettement extérieur car, commettre l’erreur 2 fois, c’est le faire exprès car, les stigmates de la première expérience sont là pour rappeler la restructuration de l’économie dans la douleur.

Et pourtant, il va falloir trouver le nerf de la guerre. Le recours au financement alternatif si l’on exclut la planche à billet, que d’aucuns considèrent comme la solution de facilité,   peut prendre des formules nouvelles et innovantes mais, nécessitant l’implication des détenteurs de capitaux. Peut-être que, contrairement aux années précédentes se ne sera pas les banques qui viendront irriguer les entreprises à sens unique mais les entreprises qui pourront se faire financer en prenant la banque comme partenaire dans une formule de gagnant-gagnant et, au bénéfice d’une réforme bancaire inévitable. L’échéance du remboursement de l’emprunt obligataire ENCE lancé pour financer l’économie en 2016 conçu sur deux maturités soit trois et cinq ans, arrive à échéance à compter de 2019, les souscripteurs pourront se faire rembourser par le trésor les intérêts et capital compris. Ce qui suppose la disponibilité de liquidités que les banques n’ont pas.

Ahmed Ouyahia sera attendu sur cette question, comme d’ailleurs ses partenaires dans la tripartite notamment le patronat au demeurant, lié par le pacte économique et social. C’est un moment de vérité qui se profile surtout que le président de la république compte sur « l’implication de tous » et la « solidarité » afin de mener à bien la bataille du développement et relever les défis qui s’imposent à l’économie nationale. Le 20 Aout dernier, le gouvernement et ses partenaires sociaux et économiques étaient invités par le président de la république à « mobiliser toutes les énergies, créer de nouvelles ressources complétant celles du pétrole et préserver à long terme l’indépendance financière de l'Algérie et sa souveraineté sur le plan économique ».  En somme : donner l’exemple.

 

S.Mana

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