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Selon l’association des anciens de l’école nationale polytechnique
60% des diplômés ont quitté le pays Abonnez-vous au flux RSS des articles

14 juil. 2013
13:10
3 commentaires Beaucoup sont recrutés par des entreprises étrangères dès l'obtention de leurs diplômes

Soixante pour cent des diplômés de l’école nationale polytechnique ont quitté le pays.

 

M. Belkacem Bennikous, président de l’association des élèves et diplômés de l’école polytechnique  qui nous a révélé cette information attire l’attention sur le fait que ce taux  est valable pour les diplômés de l’école depuis l’indépendance.  « Entre l’indépendance et aujourd’hui, il y a eu quelque  16.000 diplômés », note M. Bennikous.

La particularité de cette école est qu’elle  intéresse depuis longtemps les entreprises étrangères qui viennent, chaque fin d’année, recruter les ingénieurs le jour même  de la remise des diplômes.

Il semblerait que les diplômés des treize filières de l’école trouvent preneurs pratiquement avec les mêmes chances.  Des filières telles que le génie civil, le génie minier, le génie industriel  ou encore le génie sismique et dynamique des structures.

Paradoxalement, cette prestigieuse école intéresse beaucoup moins les entreprises algériennes publiques ou privées dont les représentants sont rarement présents aux cérémonies de remises de diplômes.

M. Bennikous, diplômé de cette école en 1967, informe pourtant que les choses n’ont pas toujours été ainsi. « Jusqu’au décès de Houari Boumediene, cette école formait des ingénieurs dans différentes filières  pour qu’ils contribuent directement au développement du pays à la fin de leurs études.  A l’époque, les étudiants étaient recrutés dès la remise des diplômes mais par des sociétés algériennes », affirme le président de l’association.

Il ira plus loin en indiquant  que « ce sont les diplômés de cette école qui ont mis les bases de l’économie algérienne. Boumediene consultait même les membres de leur  association  avant de prendre certaines décisions ». 

Notre interlocuteur fera remarquer qu’à partir des années 1980 la contribution des polytechniciens à l’économie algérienne a  perdu du terrain. Cependant, l’école n’a pas perdu de son attrait puisqu’elle forme toujours des ingénieurs dont le niveau est reconnu mondialement. Seulement, ce sont les entreprises étrangères qui viennent se servir en recrutant les ingénieurs de l’école.  M. Bennikous déplore, d’ailleurs, le fait que cette école soit devenue, par la force des choses, un véritable bureau de recrutement pour compagnies étrangères. 

« L’école nationale polytechnique a été classée première  en Afrique et dixième dans le monde.  L’un des professeurs de l’école est classé parmi les 100 meilleurs professeurs au monde », assure M. Bennikous en regrettant le fait que l’école ne soit plus exploitée à sa juste valeur en Algérie.

Nous avons appris, par ailleurs, qu’une autre école algérienne assure le recrutement de ses étudiants dès la remise des diplômes. Il s’agit de l’Institut algérien du pétrole (IAP). Lorsque nous nous sommes rendus à cet institut basé à Boumerdes, il nous a été impossible de voir un quelconque responsable susceptible de nous donner des explications. 

En parlant à une employée de l’administration, à partir du téléphone de la réception, nous n’avons pu obtenir ni rendez-vous, ni renseignement, mais simplment une vague promesse d’un appel téléphonique. Un appel qui n’a jamais eu lieu. Nous avons quand même pu obtenir des informations quant au mode de recrutement des diplômés de cet institut.

En fait, l’Institut algérien du pétrole a été créé exclusivement pour répondre aux besoins de la Sonatrach et de ses filiales.  Le nombre d’étudiants admis chaque année est fixé, au préalable, par les filiales de la Sonatrach. 

Deux écoles régionales relèvent de l’IAP, l’une à Oran et l’autre à Skikda.  L’école d’Oran est spécialisée dans le domaine du gaz, celle de Skikda assure la formation de techniciens supérieurs et des ingénieurs d’application dans des domaines tels que le raffinage.  Pour assurer sa place à l’IAP de Boumerdes , l’étudiant doit avoir un bac+5  et un bac+3 pour les écoles de Skikda et d’Oran.

Nous avons demandé  à M. Bennikous de faire la comparaison entre le système adopté par l’IAP et celui de l’école nationale polytechnique, dans ses meilleurs jours, tout en prenant en considération le fait que les diplômés de l’IAP soient recrutés par des entreprises algériennes.

Pour le président de l’association, il n’y a pas de comparaison à faire.  Il critique d’ailleurs le fait que l’IAP soit devenu un centre de formation pour Sonatrach alors qu’il aurait été mieux d’élargir ses horizons.  « L’IAP aurait pu avoir une envergure internationale s’il n’était pas limité au seul secteur de l’énergie et à la seule compagnie Sonatrach », estime-t-il.

Une question reste posée cependant. Si 60% des anciens diplômés de l’école nationale polytechnique, dont M. Bennikous lui-même,  vivent à l’étranger que sont devenus les 40% restants ?

Cette  question devra bientôt trouver une réponse puisque les membres de l’association présidée par M. Bennikous préparent justement une enquête allant dans ce sens.  
 

     

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Commentaires

18 Jui 2013
doudou 19h27

Je pense pour ma part que c'est le régime algérien qui a poussé nos élites à l'exil. Aujourd'hui, nous constatons de visu que les compétences sont totalement marginalisées par ce qu'on veut à tout prix laisser le champ libre à ces prédateurs et à ces corrompus qui sont devenus l'élite du système. Il est de notre devoir de consentir de gros sacrifices pour maintenir notre élite dans le pays et de surcroît mettre un terme à certaines disparités envers ces derniers. C'est grâce aux cerveaux que certains pays à l'exemple des pays scandinaves qui se sont développés d'une manière vertigineuse. Prenons soins de nos élites ! c'est la seule et unique condition pour permettre à notre pays d'atteindre un niveau de développement appréciable. Le pétrole et le gaz se tariront un jour! l'unique ressource c'est le potentiel humain existant ici et ailleurs qui fera la fierté de notre nation.

15 Jui 2013
ALG62 11h29

Donc c'est pas juste d'accuser les cerveaux algériens en raison de négligences dans la gestion économique et sociale, y compris la coordination et l'intégration entre les secteurs.

14 Jui 2013
NUMIDE 21h29

ON MARCHE VRAIMENT VRAIMENT SUR LA TETE EN ALGERIE, LES FRAUDEURS, TRAFIQUANT, CORROMPU, CORRUPTEUR, VOLEURS ET AUTRES RACLURES DE TOUTES SORTE SONT FELICITE ET AIMER, ALORS QUE LES CERVEAUX ET AUTRE ELITES QUI AIME L ALGERIE ET LUI VEUT QUE SONT BIEN, SONT MIS DE COTE ET PIS, IGNORER, ABBERANT ET SCANDALEUX. PAUVRE ALGERIE

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