lundi 24 novembre 2014 Recevez l’actualité par courriel ou flux RSS

Boubekeur Ogab, ambassadeur d’Algérie à Oslo
« J’appelle les Algériens à exporter vers la Norvège » Abonnez-vous au flux RSS des articles

08 janv. 2012
14:00
Boubekeur Ogab 0 commentaire Boubekeur Ogab

Africaniste convaincu et diplomate chevronné, Boubekeur Ogab est le premier ambassadeur d’Algérie à Oslo. Après Libreville et N’djamena, le voici en terre scandinave depuis maintenant trois ans, avec comme mission principale d’établir un lien nouveau entre l’Algérie et la Norvège. Dans cet entretien accordé à Ll’Eco, S. E. M. Ogab revient sur les relations entre les deux pays et sur les moyens de les développer davantage, et pas que dans le domaine si convoité des hydrocarbures.

L’Eco : M. l’ambassadeur, vous  êtes le premier chef de mission  diplomatique algérienne en  Norvège. Comment et pourquoi  l’Algérie a-t-elle ouvert une  ambassade à Oslo ? 

Boubekeur Ogab : entre l’Algérie  et la Norvège, nous avons commencé à  ouvrir réciproquement des postes  diplomatiques, le premier à ouvrir sa  mission diplomatique a été la Norvège  en 2007 et l’Algérie, par principe de  réciprocité, a ouvert son ambassade en  octobre 2008. Ces ouvertures reposent  à mon sens sur un intérêt économique  en premier lieu : la Norvège est  un grand pays producteur de  gaz et de pétrole, l’Algérie aussi, nous  avons donc des intérêts convergents. Et  surtout, l’Algérie a besoin d’investissements  et de technologies nouvelles. La  Norvège a une énorme expertise dans  le domaine de l’offshore. 

L’Eco : Cela nous amène à parler de la  coopération entre l’Algérie et la  Norvège. Ces ouvertures  d’ambassades vont-elles  contribuer à renforcer davantage  cette coopération ? 

Boubekeur Ogab : Je dois préciser que cette coopération  a commencé bien avant l’ouverture  de ces postes diplomatiques, dans  la mesure où Statoil est déjà présente  en Algérie depuis plus de 10 ans. Je  pense donc que c’est le secteur d’activité  le plus important à ce niveau-là.  Ce que nous pensons, c’est développer  les autres secteurs d’activité ; nous  devons ou nous aurions dû déjà signer  un accord de transport maritime avec  la Norvège pour faciliter les échanges.  Jusqu’à maintenant, le projet est finalisé  mais n’a pas encore été signé.  Nous développons évidemment nos  relations avec d’autres sociétés dans  le domaine de la formation. Par  exemple, avec la grande société Yara  spécialisée dans les engrais. Mais ce  sont des projets à venir, c’est-à-dire  qu’il y a des négociations avec les  sociétés algériennes dans ce sens, et  donc je pense que ce sont des sociétés  qui vont investir en Algérie et conclure  des partenariats. Je regrette malheureusement,  d’un autre côté, que nos  exportateurs ne soient pas très dynamiques  ; jusqu’à maintenant nous  n’avons pas pu réaliser d’échanges  commerciaux dans l’autre sens, à  savoir Algérie-Norvège. 

L’Eco : La coopération se limite donc au  domaine des hydrocarbures  uniquement… 

Boubekeur Ogab : Je pense de toute façon que tous les  secteurs sont ouverts. La Norvège est  un pays ouvert, c’est un pays qui n’est  pas membre de l’Union européenne ; il  qui fait partie d’un ensemble qui s’appelle  l’AELE (Association européenne  de libre-échange) et, en principe,  nous devions avoir un accord de libre  échange avec eux qui a été négocié  pendant quatre ou cinq ans, à l’heure  actuelle il y a une pause dans cette  négociation, ce qui ouvrirait une possibilité  d’échanges dans d’autres  domaines comme celui des marchandises.  Ce qui nous intéresse n’est pas  simplement que des Norvégiens aillent  en Algérie, je souhaite que les  Algériens exportent vers la Norvège.  Nous avons des possibilités d’exportation  dans un certain nombre de  domaines comme dans l’agriculture, il  y a le vin, les dattes. Il y a donc  d’autres activités, à condition que nos  partenaires algériens aussi soient  dynamiques pour que la coopération  soit équilibrée. Parce qu’à l’heure  actuelle, il faut dire que la coopération  est beaucoup plus au bénéfice de la  Norvège. 

L’Eco : Avez-vous un appel à lancer aux  exportateurs algériens ?

Boubekeur Ogab :  Oui, j’appelle les opérateurs économiques  algériens à s’intéresser au marché  norvégien, l’ambassade d’Algérie  à Oslo est toujours ouverte et disposée  à faciliter toutes les démarches, à fournir  les informations qu’il faut. La  Norvège est un pays riche, consommateur,  c’est un pays qui importe beaucoup  de produits pour sa consommation.  Il y a un autre domaine sur lequel  on peut établir une coopération, c’est  celui de la pêche. La Norvège a une  grande expertise dans ce domaine-là.  Vous avez une palette de secteurs et il  faut que nos partenaires soient également  plus dynamiques. 

L’Eco : Peut-on dire aujourd’hui que  l’Algérie est décidée à se tourner  vers la Scandinavie pour explorer  de nouveaux marchés ?

Boubekeur Ogab : Nousavons toujours eu des rapports  avec les pays scandinaves, peutêtre  pas spécialement avec la Norvège,  mais nous avions une grande et vielle  coopération avec la Suède, la  Finlande, avec le Danemark, mais  simplement la Norvège est un pays qui  s’y ajoute  

Khaled Drareni

Sur le même sujet
03oct. 2014

Marin Andrijasevic, Ambassadeur de la Croatie en Algérie «La Croatie est prête à partager son expérience avec l'Algérie»

18mai 2014

Tsukasa Kawada, Ambassadeur du Japon à Alger «La coopération sécuritaire avec l’Algérie est indispensable»

05avril 2014

Adnan Keçeci, Ambassadeur de la Turquie en Algérie «Nous sommes prêts à partager notre savoir»

Votre commentaire

Inscrivez-vous  ou  connectez-vous  afin de pouvoir laisser un commentaire.